Cour oasis et ZAN : comment la désimperméabilisation des cours d'école contribue à l'objectif Zéro Artificialisation Nette

Craies de couleurs sur le sol en pavé d'une cour d'école
15/04/2025
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ZAN : les collectivités face à l'urgence de désartificialiser

Depuis la promulgation de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, l'objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN) est gravé dans le marbre législatif français. L'enjeu : diviser par deux le rythme d'artificialisation des sols d'ici 2031, puis atteindre le ZAN en 2050.

Pour les collectivités, cet objectif se décline à travers les documents d'urbanisme (SRADDET, SCoT, PLUi), avec des trajectoires chiffrées à respecter. La pression est réelle : les communes qui n'atteignent pas leurs objectifs s'exposent à des contraintes croissantes sur l'octroi de nouveaux permis de construire.

Dans ce contexte, la désimperméabilisation des cours d'école représente un levier sous-estimé mais puissant.

Comment les cours d'école entrent dans le calcul ZAN ?

La notion de surface artificialisée

Selon le décret du 29 avril 2022 et la nomenclature OCSGE (Occupation des Sols à Grande Échelle), une surface est considérée comme artificialisée lorsqu'elle est "imperméabilisée, stabilisée ou couverte". Une cour d'école en bitume entre pleinement dans cette catégorie.

En revanche, une surface désimperméabilisée et végétalisée peut basculer dans la catégorie "non artificialisée" dès lors qu'elle remplit les critères végétaux définis par la nomenclature (couverture végétale supérieure à 50 % de la surface, sol perméable, etc.).

Le comptage des m² désartificialisés

Chaque mètre carré de cour d'école désimperméabilisé est comptabilisé comme un gain net dans la trajectoire ZAN de la commune. Pour une ville disposant de 20 cours d'école de 1 000 m² chacune, un programme complet de végétalisation à 60 % peut représenter 12 000 m² de désartificialisation nette, soit 1,2 hectare.

C'est un apport significatif, surtout pour les communes denses qui ont peu de foncier disponible pour compenser leurs projets de développement.

Cours oasis et PCAET : un double bénéfice réglementaire

L'obligation PCAET pour les EPCI de + de 20 000 habitants

Les intercommunalités de plus de 20 000 habitants sont tenues d'adopter un Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) incluant un volet adaptation au changement climatique. La réduction des îlots de chaleur urbains et l'augmentation de la canopée sont des actions typiquement valorisables dans ce cadre.

Une cour oasis coche toutes les cases PCAET :

  • Réduction des températures de surface (indicateur ICU)
  • Augmentation de la superficie végétalisée (indicateur canopée)
  • Amélioration de la perméabilité des sols (indicateur ZAN)
  • Sensibilisation des jeunes générations (indicateur éducation climatique)

Les rapports de suivi PCAET

Les PCAET doivent faire l'objet d'un rapport de suivi annuel présenté à l'assemblée délibérante. Les données issues d'analyses environnementales précises (état des cours avant/après, évolution de la température, superficie végétalisée) constituent des preuves robustes d'avancement.

Les financements ZAN disponibles pour les cours oasis

Le Fonds Vert

Doté de 2,5 milliards d'euros en 2023-2024, le Fonds Vert finance notamment le volet "Renaturation des villes et des villages". Les projets de cours oasis sont éligibles dès lors qu'ils comportent un volet désimperméabilisation et végétalisation mesurable.

Le taux de subvention peut atteindre 80 % pour les communes les moins favorisées.

Les appels à projets régionaux

De nombreuses régions ont lancé leurs propres programmes :

  • Île-de-France : programme ReNaturons Île-de-France (200 M€)
  • Occitanie : appels à projets FEDER sur la nature en ville
  • Nouvelle-Aquitaine : programme DYNABIO pour la biodiversité urbaine

La dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR)

Pour les communes rurales, la DETR peut également financer des projets de végétalisation scolaire si ces derniers s'inscrivent dans une stratégie communale d'adaptation climatique.

Construire son dossier de subvention : les données indispensables

Pour accéder aux financements ZAN et PCAET, les collectivités doivent démontrer l'impact de leur projet. Cela suppose de disposer de :

  • Un état des lieux initial quantifié : taux d'imperméabilisation avant travaux, superficie végétale, température de surface
  • Des objectifs chiffrés : m² désimperméabilisés, réduction de température cible, gain en biodiversité
  • Un suivi post-travaux : mesure des écarts entre les objectifs et les résultats obtenus

Ces données peuvent être produites à partir d'analyses d'images satellitaires et aériennes, sans nécessité d'intervention terrain systématique.

La cour oasis, brique de la stratégie ZAN locale

La cour oasis n'est pas qu'un projet d'aménagement scolaire. C'est une brique stratégique dans la trajectoire ZAN de la collectivité : chaque m² végétalisé est un m² gagné dans le bilan de désartificialisation, chaque degré gagné est un argument de plus dans le rapport PCAET.

Pour les collectivités qui cherchent des quick-wins réglementaires et des projets à fort impact visible, c'est l'une des réponses les plus efficaces disponibles aujourd'hui.

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